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Frédéric Barette, un orfèvre à Amiens

Publié le par Alexandre Anizy

Par un dernier dimanche de septembre ensoleillé, nous étions à Amiens pour un déjeuner familial, à deux pas de l’impressionnante cathédrale gothique dont la hauteur sous voûte est l’une des plus hautes au monde, là où Frédéric Barette officie.

 

L’accueil et le service sans chichi (on est en Picardie, n’oubliez pas !) ont agrémenté ce repas, qui commença par un « Saint-Germain Spritz maison » que nous recommandons vivement. Le menu en 4 vagues fut évidemment sans surprise, sauf pour le chef qui accepta de bon gré la modification de 2 convives — une liberté d’esprit dont bien des toqués parisiens devraient s’inspirer ! Du coup, nous pouvons dire que le ris-de-veau est un régal.

 

Les amiénois ont bien de la chance d’avoir un orfèvre dans la rue éponyme.

 

Alexandre Anizy  

Retour chez Amour Blanc de Christophe Hay

Publié le par Alexandre Anizy

A Blois, nous nous souvenons de notre premier déjeuner chez Amour Blanc de Christophe Hay : un moment agréable sur la terrasse à contempler le pont et la ville en face.

Fort de cette expérience, nous y revenons avec notre petite famille. Tout se passe bien dans le menu en 4 services jusqu’au dessert nommé chocolat Xoco. Dommage, parce que nous sommes d’accord avec la démarche globale de Christophe Hay !

Là, c’est un bon exemple de création ratée : on additionne plus qu’on associe des saveurs, on y met forcément un croquant… tout cela baignant plus dans un liquide aromatisé que dans une crème délicieuse. Une démonstration du « comment gâcher un menu avec une dernière note fausse ».

Pour vous dire : en sortant, notre fils est passé au Kiosque pour acheter un flan, qu’il trouva dix fois meilleur que le choco Xoco.

 

C’était jour de braderie à Blois sous un beau soleil. Vite la fausse note fut estompée.        

 

Alexandre Anizy  

Quatrains d'Omar Khayyâm

Publié le par Alexandre Anizy

Quelques-uns de Robâiyât (Babel, 2008) du célèbre savant poète iranien, que nous annotons parfois malicieusement.

 

14

Nous étions un peu d’eau placée dans les reins

D’où nous sommes sortis par le feu de la passion.

Et pas plus tard que demain notre poussière sera emportée par le vent :

Passe donc dans la joie cet espace de deux souffles grâce au vin.

 

Bien des membres de l’élisphère ont perdu le sens de l’humilité, hélas !

 

18

Ceux qui déploient leurs efforts dans le domaine de l’intellect,

Se livrent à une vaine tentative : est-ce possible de traire un bœuf ?

De nos jours, l’intelligence se vendant à bas prix,

Mieux vaut qu’ils s’accoutrent comme des imbéciles !

 

Hélas ! Jason Arday n’avait pas lu non plus Omar Khayyâm.

 

66

Si l’on peut se procurer un pain pour deux jours

Et un peu d’eau fraîche au fond d’une cruche ébréchée,

Alors pourquoi faut-il se soumettre à son subalterne ?

Pourquoi être au service de son égal ?

 

Par servitude volontaire, a dit La Boétie.

 

166

Pourquoi tant de regrets et de soucis à propos des biens de ce monde ?

As-tu vu quelqu’un y vivre de façon éternelle ?

Même ces quelques souffles dans ton corps ne sont qu’un prêt.

Un prêt, il faut le traiter comme tel.

 

L’élisphère de jadis ne se voyait-elle pas comme usufruitier ?

 

616

Tout ce que tu me dis procède de ta haine.

Tu ne cesses de m’appeler hérétique, homme sans foi.

Moi, j’avoue être tel que je suis.

Sois juste, peux-tu en dire autant quant à toi ?

 

Puisque l’Enfer c’est les autres, les feux couvants ne sont-ils pas en train de se déclarer ?

 

497

Echanson ! (apporte-moi) une coupe, le monde n’est qu’un souffle.

Même si la joie ne dure que le temps de ce souffle, elle nous suffit.

Prends ton plaisir de tout ce que la vie t’offre.

Car le monde ne sera jamais conforme aux désirs de quiconque.

 

Pour les dirigeants d’aujourd’hui, retour au quatrain 18 !

 

Le privé de Brautigan

Publié le par Alexandre Anizy

Pour les aficonados de Richard.

 

            Avec Un privé à Babylone (Christian Bourgois éditeur, livrel de 2026), Richard Brautigan s’en prenait cette fois au genre policier en créant son personnage C. Card, privé dans la dèche vivant plus dans son rêve que dans l’enquête. Ni suspense, ni rebondissement… le genre part en sucette.

             

« Soudain, je me suis rappelé où j’étais et, comme un roi de la gâchette dans un film de cow-boys, ma main a fusé et a tiré le cordon pour faire s’arrêter l’autobus. Je l’ai attrapé juste à temps.

A quelques secondes près, je ratais mon arrêt.

Rêver de Babylone, ça comporte des risques. » (p.135/220)

 

Juste pour l’espièglerie et l’humour de Richard Brautigan.  

 

Alexandre Anizy  

 

La peur chez Valerio Varesi

Publié le par Alexandre Anizy

Quand Valerio Varesi veut écrire sur la peur, il rate son coup.

 

Comme nous avons déjà apprécié 2 polars de cet auteur (lire ici et ici), nous ne l’offensons pas en disant aujourd’hui que La peur dans l’âme (Agullo éditions, 2026), tout au long de notre lecture, nous a laissé « à l’extérieur » de l’histoire.

Seul le talent de Varesi a maintenu notre intérêt.

 

Alexandre Anizy  

Le bureau d'Elie Maucourant

Publié le par Alexandre Anizy

Venu de la SF, Elie Maucourant réussit en partie son premier galop polardeux.

 

Dans Bureau 26 (édititions Métailié, 2026), l’auteur a défini les caractères des personnages qui pourraient constituer une série, et il a privilégié le rythme, et plus précisément la vitesse, ce qui donne une écriture nerveuse – comme diraient les tocards de Libération.

 

« L’avion approche de traviole de la piste ; les turbines rugissent. De fines lames s’étalent sur le hublot : la pluie se donne du mal pour lacérer le plastique. » (p.34/220)

« Couloir, passerelle, tarmac, terminal. Je suis à l’entrée de l’aéroport de Catane. Il ne fait pas froid, mais le ciel est vraiment dégueulasse. » (p.50/220)

 

Grâce à une structure narrative charpentée, l’auteur intéresse le lecteur, que son économie stylistique aurait fait fuir. Persévérer dans cette veine serait diabolique.

 

Alexandre Anizy  

 

 

 

Il carpaccio du Royal Monceau

Publié le par Alexandre Anizy

Une étoile, rien de plus.  

 

Dans un espace moins chic que celui du bar, nous avons déjeuné peinardement. Le menu en 5 services est suffisant pour apprécier le talent indéniable du chef. Mais de ce menu rien ne ressort vraiment, ni le carpaccio de bœuf, sauce César, amarante croustillante et truffe « Tuber Aestivum », ni le risotto au chou fermenté, citron d’Amalfi et langoustines, ni etc.

En somme, un chef sans signature.

 

Alexandre Anizy  

 

Unique lueur de Fred Vargas

Publié le par Alexandre Anizy

            Encore un beau rompol, une belle histoire.   

 

Fred Vargas vient de sortir un nouveau livre, titré une unique lueur (éditions Flammarion), qui caracole dans le peloton de tête des ventes. Un succès amplement mérité.

Cette fois-ci l’auteur innove en impliquant le monde poétique dans l’enquête, et en délocalisant son héros récurrent qui semble subjugué par « l’esprit californien », comme tous les voyageurs européens.

On ne dira jamais assez l’influence de la géographie sur la mentalité des populations (Cf. Masse et Puissance d’Elias Canetti).

 

           En résumé aujourd’hui : Fred Vargas, elle est unique et littérairement scintille de mille traits.

 

Alexandre Anizy  

 

 

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Publié le par Alexandre Anizy

Tout Carrisi est déjà dans son premier roman.

Ayant écrit une thèse sur un tueur en série, en bon intellectuel producteur Donato Carrisi y puisa la matière pour un roman, Le chuchoteur (Livre de poche, février 2024), qui le propulsa au firmament du marché de l’édition. Sur une documentation solide, il bâtit un ouvrage de grande qualité dans le genre, prenant soin de la dynamique pour scotcher le lecteur.

 

Alexandre Anizy  

 

La maison Rostang se dépiaute

Publié le par Alexandre Anizy

L’hiver arrivait à son terme, ce samedi-là. En sortant du métro, le soleil accompagna notre courte balade vers la maison Rostang, qui a fait peau neuve.

 

Le nouveau propriétaire a choisi la matière brute, sans doute pour signifier un retour à l’authenticité dans la modernité. La salle ayant été dépiautée, le bruit s’est installé - l’architecte n’aurait-il pas prévenu ? - sans atteindre l’inconfort. On nous a dit que la moquette était commandée… ce ne sera pas du luxe !

Venons-en à l’essentiel : la maison Rostang tient son rang. Les amuse-gueules et les plats sont dignes de sa distinction, et le service à la hauteur. Le sommelier a trouvé quelques trésors qui sortent des lieux communs. Il s’est aussi débrouillé pour concocter un semblant de café landais, grâce lui soit rendue !

 

S’ils ne fument pas la moquette, la maison Rostang restera un bon plan.

 

Alexandre Anizy  

 

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